HISTOIRE

« S’échappant d’une véritable corbeille de verdure, pointe le clocher de Clamart »

« Non loin de Fontenay sont les bois de Clamart, lieux délicieux, remplis de bocages et environnés de maisons de campagne. » C’est en ces termes qu’un promeneur du XIXème siècle nous dépeint le village de Clamart.

 

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Le Bois de Clamart regorge de trésors archéologiques datant du Néolithique (bien plus que la forêt de Versailles ou de Ville d’Avray). Même si la quasi-totalité de ses gisements préhistoriques ont été détruits, des traces subsistent. Citons la fameuse Pierre aux moines, mégalithe de 2,20 mètres et l’Aiguisoir Polissoir baptisé « Hélène » par le promeneur qui l’a découverte en 1992. La qualité de ce site exceptionnel aurait poussé les premières populations à venir s’y installer il y a plus de cinq mille ans.
Le Bois de Clamart a été le théâtre de batailles entre les troupes gauloises de Camulogène et les troupes romaines de Labienus en 52 avant JC. Dans les Commentaires de Jules César sur la première bataille de Paris, Il est question d’un camp romain que l’on pourrait situer aujourd’hui près du carrefour de l’Anémomètre.  Avenue Jean-Baptiste Clément il existait un cimetière gallo-romain utilisé jusqu’au XVIIIe siècle.

Dès la fin du VIIème siècle, un acte mentionne un traité d’échanges entre deux abbés passé à Clamart  dit Clamardum, parfois Clemartium . Difficile de trouver un sens étymologique au mot Clamart. Ce que l'on sait en revanche c’est qu’il existe un peu partout en France des cimetières et des rues menant à des cimetières portant le nom de Clamart. Clamart pourrait être issu du latin clamare signifiant : appeler à grands cris, gémir dans sa piété. Une autre théorie voudrait que Clamart soit une déformation de « Clos des morts »
Au XIème siècle, la construction de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul pose les fondements du village de Clamart.
Village prospère composé de champs fertiles et de vergers abondants, Clamart subit de plein fouet les guerres du Moyen-Âge qui viennent perturber sa tranquillité.
 Pendant la guerre de cent ans (1337 – 1453),  l'église sert de refuge aux habitants. Ses portes et fenêtres sont murées afin de leur permettre de se retrancher avec leurs biens lors des attaques anglaises.
Les guerres de religions (1562 – 1598) entre catholiques et protestants laissent le village et ses cultures exsangues.

La guerre de trente ans (1618 – 1648) et la Fronde (1648 – 1653) se succèdent et frappent durement le Royaume de France, une fois de plus le village n’est pas épargné ;
C’est durant cette période que les fiefs de Saint-Martin-des-Champs, de l’Hôtel-Dieu et Clamart sont réunis au domaine de Meudon par Abel Servien (Les quatre fiefs furent réunis à la fin du XVIIIe siècle, lorsque Louis XVI acheta le fief de Chef-de-Ville). Le baron de Meudon fait également construire un imposant mur d’enceinte encore visible aujourd’hui près de la cité Boigues.
 Désireux de démonter le moulin de Bel-Ebat qui le gênait à l'époque de la constitution du Parc du Château de Meudon. Un marché est passé pour le démolir en janvier 1659 et le reconstruire à l'identique pour qu'il fonctionne au 1er Juin 1659! Le moulin à grain est construit au lieudit les Rochers et ne sera détruit qu’en 1871 par un tir bien ajusté provenant du Fort d’Issy.

Le village devient peu à peu un lieu de villégiatures pour la noblesse et la bourgeoisie française.
En 1695, Louis XIV achète Meudon pour son fils aîné, le Grand Dauphin. En 1704, Clamart devient une circonscription administrative du bailliage de Meudon et prend le titre de prévôté. En 1726 le domaine de Meudon est réuni à la couronne.

Des Clamartois se réunissent et rédigent sous la plume de Jacques Joseph Fillassier leur cahier de doléances pour les Etats généraux. C’est un modèle de ferveur révolutionnaire !
Le 1er avril 1790, Clamart se constitue sur les bases de l’autonomie communale : les habitants ont acquis le droit de s’occuper eux-mêmes des affaires du village.
En 1794, Le marquis de Condorcet, fuyant Paris, est arrêté dans le cabaret de Louis Crespinet situé au 7 rue Chef de Ville. (ce paragraphe mérite d’être développé)
La chute de Robespierre entraîne un retour au calme ; l’agitation révolutionnaire cesse.

Le XIXème siècle marque l’époque des grands changements pour le petit village de Clamart. C’est également l’époque où les carrières se multiplient sur la commune pour alimenter la construction de grands édifices parisiens et alentours.

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  • 1831 : Denis Gogue devient maire de Clamart et ouvre une première ère de modernisation de la ville. Il lance de grands travaux au niveau de l’organisation des services publics, notamment en faveur de l’assainissement et la viabilité des chemins communaux.
  • 1840 : Ouverture de la ligne de chemin de fer Paris-Versailles, reliant Clamart à Paris. Lorsque la ligne se poursuit jusqu’à Brest en 1865, de nombreux bretons s’installent à Clamart.

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  • 1842 : Denis Gogue rachète le Château Barral pour y installer la mairie.
  •  Place de la Mairie avant 1920 Image Archives municipales
  • 1856 : Jules Hunebelle succède à Denis Gogue et accélère le développement de la commune. Surnommé le « Haussman clamartois », il va moderniser Clamart dans tous les domaines.  Jules Hunebelle pose les bases de la ville que nous connaissons aujourd’hui.  Le parfait équilibre entre nature paysagère et développement urbain. 1865 : Clamart reçoit le télégraphe.
  • 1867 : L’eau de Seine alimente la ville. On installe l’éclairage au gaz.
  • 1868 : Le Ru de Clamart est transformé en égout, les chemins vicinaux en chemins carrossables pour les besoins de l’exploitation des champs et des carrières.
  • 1869 : Un nouveau cimetière prend place au lieu-dit Bois Tardieu, une bibliothèque municipale est créée. Clamart accueille de nombreux ouvriers travaillant notamment dans les carrières de gypse, la fameuse pierre à plâtre.

Les Parisiens sont de plus en plus nombreux à s’installer à Clamart qui passe de 1 220 habitants, en 1831, à 1 760 habitants, en 1851.
Pendant la guerre de 1870-1871, les armées allemandes fondent sur la région parisienne et L’ensemble des Clamartois est dans l’obligation de se réfugier dans la capitale. Beaucoup de Clamartois abandonnent leur maison et on assiste à un véritable exode de ceux que l’on appelle déjà les « réfugiés ». Jules Hunebelle héberge les services municipaux dans l’un de ses immeubles parisiens.

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A Clamart, on assiste à des scènes de pillage dans les commerces et maisons, de la part de soldats prussiens mais surtout hélas de la part de soldats français profitant de l’absence de ses habitants et du chaos ambiant.
Les échanges de tirs entre les différents forts qui entourent la Commune font des dégâts considérables sur différents édifices du centre-ville et du quartier Gare notamment.
 
Au lendemain du conflit, l’Assemblée nationale accorde des subsides qui permettront à la ville de se reconstruire.

Jusqu’au début du XXe siècle, Clamart est une commune rurale composée de laboureurs, vignerons et cultivateurs.
Rien ne semble pouvoir stopper l’essor de cette cité florissante.
En 1901, Clamart compte 7200 habitants. Ils seront 12 200 en 1915.
Le développement industriel et l’accroissement de la population engendrent une urbanisation, notamment sur le Plateau.
En 1907 débute la construction du lotissement pavillonnaire du Jardin Parisien.

Dès 1914, beaucoup de Clamartois se retrouvent sans ressources du fait de la mobilisation des chefs de famille. Mais la solidarité s’organise : le maire Léon Simon met en place un secours d’urgence. Une cantine gratuite distribue près de 700 repas par jour aux femmes et enfants de mobilisés.
Près de cinq cents Clamartois vont mourir pour la France, bien souvent laissant leurs familles dans le désarroi le plus total.
 
Dans les années  vingt, une importante communauté arménienne s’établit à Clamart et sur les hauteurs d’Issy-Les-Moulineaux, constituée d’ouvriers recrutés par les industries lourdes de la région (Cartoucherie Gévélot, Renault, Citroën…).

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Dès le 14 juin 1940, l'armée allemande occupe le Petit Clamart et l'hôpital Percy. Plusieurs bombes anglaises touchent les quartiers proches de l'aérodrome de Villacoublay.  
 Le porche d'entrée Image Archives municipales
L’occupation dure 4 ans. Le 19 août 1944, les mouvements de résistants se soulèvent à Paris. Les Clamartois suivent. Mais les Allemands encore présents au Petit Clamart répriment l’insurrection. Un monument érigé devant le groupe scolaire du Soleil Levant (Jardin  Parisien) perpétue le souvenir du massacre.

L’après-midi du 24 août, les blindés français font leur apparition au Petit Clamart et libèrent la ville. Le lendemain, le Comité de la Résistance destitue le maire nommé par Vichy, Paul-Elie Pujo et un nouveau conseil municipal provisoire est créé.

Au lendemain de la guerre,  Clamart se reconstruit.
L’office public d’habitations à loyer modéré (OPHLM) est créé en 1949. Les premiers logements de la Plaine sont livrés en 1953 et régulièrement jusqu’en 1964. Qualifié d’exemplaire, ce grand ensemble à dimension humaine, pensé sur le modèle de la « cité-jardin » a été conçu pour répondre au mieux aux besoins des habitants.

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Image : Clamart le Vignoble par les Frères Bouchery

Le saviez-vous ?

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Le plateau de Clamart fut longtemps un espace agricole sur lequel on cultivait (entre autres) des petits pois.
Dans la cuisine française, l'expression « à la Clamart » signifie accompagné d'une garniture aux petits pois cuits au beurre et à la vapeur (exemple : escalope de veau à la Clamart). Les champs de petits pois ont disparu dans les années 60 soixante mais Clamart en garde le souvenir avec le festival des petits pois.

Entre 1960 et 1980, la ville poursuit sa politique de développement urbain et s’équipe pour accueillir de nouvelles vagues d’immigration mais aussi les Parisiens à la recherche d’un cadre de vie plus confortable. (et moins onéreux).
Le 1er juin 1961, Clamart vit un événement dramatique alors que le Président Kennedy est en visite officielle en France. Deux effondrements ont lieu dans le quartier Percy  (en frontière d’Issy-les-Moulineaux) habité notamment par de nombreuses familles arméniennes et construit en partie sur des anciennes carrières. Plusieurs maisons sont englouties et le bilan est lourd, 21 morts et 45 blessés.
Le 22 août 1962, la France entière entend parler du Petit-Clamart : le général de Gaulle échappe à un attentat perpétré par l’OAS. À l’issue d’un conseil des ministres, la DS du Président de la République traverse la ville pour rejoindre l’aérodrome de Villacoublay. Le cortège essuie plusieurs coups de feux sur l’avenue de la Liberté, entre la rue du Pavé Blanc  et de la Bourcillière. Malgré le nombre impressionnant de balles tirées, personne n’est blessé. Le Général aurait déclaré « savent pas tirer ».
Le 24 février 1982, le premier bébé-éprouvette français, Amandine, voit le jour à l’hôpital Antoine Béclère, grâce au professeur René Frydman et au biologiste Jacques Testart.
Le 11 novembre 2004, le décès du dirigeant palestinien Yasser Arafat à l’HIA de Percy place une nouvelle fois Clamart, sous les projecteurs du monde entier.
Depuis janvier 2016, Clamart fait partie, avec les 11 villes de Bagneux, Bourg La Reine, Châtillon, Châtenay-Malabry, Fontenay aux Roses, Le Plessis-Robinson, Malakoff, Montrouge et Sceaux, du territoire Vallée Sud – Grand Paris dont le Maire, Jean-Didier Berger, est président.


Picto_Document.png  Voir les personnages célèbres qui ont séjourné à Clamart

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