ARCHIVES 2019

Retrouvez la rétrospective des expositions du Centre d'Art Contemporain Chanot dans cette page.

Photo : © Margot Montigny—CACC

Du 21 septembre au 8 décembre 2019 | NI DANS LES ROUGES-GORGES NI DANS LES BISONS

Artiste : Eva Taulois

Au commencement des propositions d’Eva Taulois se trouvent des textures, des couleurs, ainsi qu’une atmosphère générale. Pour l’exposition personnelle qu’elle imagine au Centre d’art contemporain Chanot, à l’orée de l’automne, Eva Taulois prolonge la sensation de l’été en déployant son geste pictural sur des parasols qu’elle augmente de pièces sonores, actions, photographies et sculptures.

Ouvrant une nouvelle étape dans son processus de travail, Eva Taulois orchestre un vaste projet et invite plusieurs personnes à s’associer à elle. L’accessoiriste Maïna Loaec, le musicien Pierre Lucas, la photographe Margot Montigny, la maquilleuse Bénédicte Trouvé, ainsi que son assistante Sarah Le Treut ont pris part à l’apparition de l’exposition au cours d’une résidence durant l’été au centre d’art. Reflet de ces temps d’expérimentations « Ni dans les rouges gorges ni dans les bisons » fait se rencontrer les médiums pour créer une totalité.

Signe du soin qu’Eva Taulois porte au visiteur, l’exposition est aussi un ensemble à habiter. Les sculptures de plâtre évoquent la douceur de situations quotidiennes : s’assoir sur un banc, se lover dans les coussins, profiter de l’ombre d’un parasol.  « Ni dans les rouges-gorges ni dans les bisons » est une exposition aux multiples récits, un livre ouvert, une scène expérimentale sur laquelle les objets prennent vie et le décor de nouvelles représentations possibles.

Du 13 avril au 7 juillet 2019 | TAKE (A)BACK THE ECONOMY

Curatrice : Barbara Sirieix
Artistes : Anne Bourse, Eve Chabanon, Hanne Lippard, Ernesto Sartori et Jay Tan

Le travail de JK Gibson-Graham, nom de plume de deux femmes économistes et géographes féministes, envisage l’économie non plus comme système ou espace capitaliste unitaire mais comme une zone de cohabitation et de contestation de formes économiques multiples – une critique de ce qu’elles nomment le « capitalocentrisme ».

À travers l’image d’un iceberg, elles ont mis en valeur différents régimes de visibilité au sein de l’économie. Il y a ce qui est au-dessus du niveau de l’eau – le travail salarié, la production marchande, le commerce capitaliste, et ce qui est immergé – le travail non salarié, les économies non marchandes ou non monétarisées, les transactions dans le foyer ou au sein des communautés, les coopératives, les travailleurs indépendants, le don... En soutenant d’autres formes de relations au sein d’une économie diversifiée, leur projet est d’encourager l’autodétermination économique des individus, notamment à travers la création d’un langage plus inclusif.
Leurs concepts génèrent des outils de réflexion sur les économies de la production artistique nous permettant de considérer certaines choses moins visibles : ce qui se passe en dehors de la galerie, de l’atelier… ou ce que l’on n’a pas l’habitude de considérer comme faisant partie de l’économie de l’art ou de l’artiste. Quelles sont ces activités invisibles ? Quelles sont les économies non capitalistes d’un artiste ? Quel est le langage de ces économies ? L’intérêt des artistes pour leur production signifie-t-il nécessairement une logique productiviste ?

Ces réflexions se positionnent dans un contexte politique où l’économie des travailleurs de l’art est remise en question ainsi que les cadres institutionnels qui l’entourent. Plusieurs études réalisées en France et à l’étranger démontrent que ces travailleurs, bien qu’actifs dans un secteur à forte rentabilité, sont pour la plupart dans une situation de forte précarité. D’autre part, en pensant la production artistique dans le contexte d’une économie diversifiée, il s’agit de regarder chez les artistes des économies plus lentes, des processus contreproductifs ou des questions écologiques.
Les artistes Anne Bourse, Eve Chabanon, Hanne Lippard, Ernesto Sartori et Jay Tan développent des perspectives singulières sur l’économie de la production artistique, qu’il s’agisse de faire interagir celle-ci avec des activités et des objets situés hors de l’espace et du temps symbolique de leur travail artistique, de considérer l’espace politique et géopolitique de la production et/ou du recyclage d’objets ou de langages économiques.

 

Du 26 janvier au 31 mars 2019 | NOUS NE SOMMES PAS, NOUS DEVENONS

Artiste : Ariane Loze

Le CACC a eu le plaisir de présenter la première exposition personnelle de l’artiste belge Ariane Loze, lauréate du prix départemental du 63e Salon de Montrouge.
Dans de savantes réalisations vidéo où elle se met elle-même en scène, Ariane Loze analyse et décortique son matériau premier : l’humain et la construction de soi. Le titre de l’exposition renvoie à cette fabrication de l’identité toujours mouvante, qui se nourrit des échanges avec les autres, du contexte, de l’époque et rend caduque toute notion d’identité figée.

Le motif du dîner était au cœur de l’exposition que proposait l’artiste au CACC. Cette forme d’interaction sociale mondaine, familiale ou entre amies se retrouve régulièrement dans l’œuvre d’Ariane Loze. L’artiste en a notamment fait le centre de l’œuvre Le Banquet, vidéo de 2016 qui a fait l’objet d’une interprétation inédite in situ. Une nouvelle vidéo a été tournée au sein du CACC préalablement à l’ouverture de l’exposition, dans un dialogue étroit avec le lieu et notre contemporanéité. Le CACC est ainsi devenu tour à tour espace d’exposition, installation à parcourir, espace de performance et décor de tournage.

Dans ses vidéos, Ariane Loze se charge à la fois de l’écriture, de la réalisation, du jeu (elle incarne tous les personnages), du montage et de la post production ce qui fait de chaque vidéo une performance en soi. Cette approche totale de la création se révèle finement signifiante et permet à l’artiste une épure parfaite de ses images. À travers les différentes apparences qu’elle prend, Ariane Loze ne cherche à tromper personne, simplement à explorer une multiplicité de personnalités, les contradictions du quotidien, dans des dialogues interpersonnels qui pourraient tout aussi bien être des dialogues intérieurs.