Portrait

Sophie Reine, la Reine du cinéma

La Clamartoise Sophie Reine a sorti le 14 décembre son premier long métrage, Cigarettes et chocolat chaud, quasi intégralement tourné à Clamart ! Rencontre avec une cinéaste passionnée, qui offre à ses personnages, bien réels, une bonne dose d’humour et de poésie.

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J’aime l’ambiance et les décors de Clamart… Pourquoi tourner mon film ailleurs ? »

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire un film ?

Après mon César en 2009 pour le montage du Premier jour du reste de ta vie, j’ai eu la chance incroyable de rencontrer une productrice qui croyait en moi et qui m’a demandé de faire un film. Cela m’a beaucoup angoissée, mais elle a insisté et j’ai commencé par réaliser un premier court-métrage avant de me lancer dans l’écriture du long.

Quel lien entretenez-vous avec Clamart et comment l’avez-vous utilisé pour ce film ?

J’habite à Clamart depuis 17 ans et j’avais envie dans mon film de parler de ce que je connais, de mon quotidien. À Clamart il règne une ambiance très attachante et il y a des décors que j’adore, comme le stade Hunebelle que j’avais déjà mis en scène dans mon court-métrage. Alors je me suis dit pourquoi aller ailleurs ? Sur sept semaines de tournage, nous en avons passé six à Clamart, où nous avons été très bien accueillis par la mairie. J’avais aussi envie de participer à la vie locale de ma ville en y installant le tournage.

Comment passe-t-on du montage à la réalisation ?

En tant que monteuse, je sais raconter des histoires avec les images, et construire un rythme d’écriture à partir de la matière issue du tournage. J’ai aussi suivi une formation sur le scénario, donc ce n’est pas l’écriture qui m’a posé problème, ni le montage évidemment. La vraie nouveauté pour moi était le tournage, à diriger les acteurs et gérer une équipe de 80 personnes. Mais l’esprit de solidarité qui irrigue le film a, je crois, contaminé l’équipe de tournage et tout s’est bien passé.

D’où est venue l’idée du sujet, qui traite de la parentalité ?

L’histoire de ce film a une part autobiographique assez importante, et je voulais parler du fait d’être parent, et d’être ou pas dans la norme. Après, en écrivant, on brode, autour des personnages notamment que j’ai construit en opposition totale: le père très libre et l’assistante sociale très normée. J’ai aussi intégré David Bowie comme fil conducteur, puisque les parents, en fans absolus de Bowie ont appelé leurs filles Mercredi et Janine, en hommage à son jour de naissance et à l’une de ses chansons. Leur cochon d’Inde s’appelle d’ailleurs Ziggy!

Quels échanges avez-vous avec le public lors des projections-rencontres ?

Nous avons eu des retours très chaleureux des spectateurs. Cigarettes et chocolat chaud est une comédie qui soulève des questions sans dénoncer la fonction des gens et sans jugement. J’ai aussi voulu donner un double niveau de lecture à l’histoire, qui s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes. Le film parle de solidarité et de différence, il était important qu’il s’adresse à toutes les générations.

Quel est le plus joli compliment que vous ayez reçu ?

Qualifier mon film de Little Miss Sunshine à la française!