Printemps de l'égalité, Transports, Sport, Festivités, Loisirs

Le Printemps de l’égalité : Le vélo a des « elles »

Vélo pratique, vélo sport ou bien-être, vélo ludique, choix d’une mobilité douce guidé par les préoccupations environnementales : le vélo est aussi un facteur d’émancipation pour les femmes qui ont acquis le droit de se déplacer en deux-roues en 1859. Puis le droit de porter enfin des pantalons qui n’allait pas de soi.

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De nos jours, depuis le début de la pandémie, cette pratique du vélo « urbain » ne cesse de se développer mais l’accès reste encore inégalitaire et le partage de l’espace public marqué par les différences de genre.

Les rendez-vous de la semaine (animations du 8 au 13 mars)

Un conseil chaque jour

Retrouvez tous les jours (du 8 au 11 mars) une vidéo sur les thèmes suivants :

  • Marquage
  • Comment attacher son vélo
  • Comment réparer son vélo
  • Comment fixer un siège enfant sur son vélo

Circuler en confiance et avec plaisir, sécurité, code la route…

Agenda

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L'histoire

Femmes à vélo : une histoire mouvementée

« La bicyclette a fait plus pour l’émancipation des femmes que n’importe quelle chose au monde. », déclarait la militante féministe Susan B. Anthony en 1896.

Cet outil va en effet permettre aux femmes d’échapper à  la surveillance des hommes. D’abord coûteux, il devient abordable à la fin du 19e et début du 20e siècle. Il permet de parcourir de nombreux kilomètres : le début de l’autonomie.

Par ailleurs, en termes vestimentaire, c’est également une révolution puisque deux circulaires de 1892 et 1909 autorisent le port du pantalon « si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d’un cheval ». Le paradoxe est que si ces ordonnances constituaient un progrès, elles n’ont été abrogées qu’en 2012.

Le signe de l’élégance et de la modernité

Ainsi comme pour certaines activités sportives comme le ski ou l’équitation, ce sont les femmes des milieux aisés qui, les premières, vont enfourcher une bicyclette avec pneumatiques. Là, le vélo devient l’accessoire à la mode et une véritable « vélocipédomanie » s’empare des milieux huppés.

Le vélo véhicule une image de la modernité. Là, les femmes peuvent compter sur l’appui des publicitaires. De nombreuses affiches fleurissent sur les murs des villes avec  des femmes chevauchant un vélocipède de Pegeot, Hélios ou Excelsior, cheveux au vent, l’air triomphal. La une du Vélocipède illustré montre une cycliste brandissant une bannière où est écrit le mot « Progrès ».

En 2020, utilisé à plein durant la pandémie, le vélo conforte son image de transport urbain idéal, vecteur d’une mobilité douce préservant l’environnement.

 « Une machine à stérilité »

Or depuis l’accès des femmes au vélo, les polémiques en tous genres n’ont eu de cesse.

Quand le vélo commence à conquérir le cœur des femmes, dès 1860, les scientifiques pensent qu’il représente un danger pour leur santé, leurs organes reproducteurs plus précisément.

Cette idée va perdurer longtemps : en 1903, le docteur Demeny décrète carrément dans la presse : « Pour les femmes, le vélocipède sera toujours un appareil peu recommandable, une machine à stérilité ». Et pendant l’entre-deux-guerres, on craindra même que le vélo, menaçant  ainsi la démographie, ne fragilise la sécurité de la France !

Un parfum de scandale

La femme à vélo soulève donc la réprobation et même le scandale. Au-delà de la bienséance, du côté des scientifiques, le zèle féminin pour la pratique du vélo fait aussi lever le sourcil. À l'époque, pratiquer une activité sportive comme passe-temps paraît inconcevable, surtout lorsque l'on est une femme.

L’accès au vélo demeure inégalitaire

Malgré tout, alors que chacun pourrait imaginer que les difficultés rencontrées fin 19e ont été dépassées en 2021, force est de constater que l’accès demeure inégalitaire. Les études le prouvent, les associations en témoignent. Associations sportives ou non, celles qui prennent en charge les besoins d’aménagements et de sécurité des nouvelles cyclistes ou  le développement des vélo-écoles qui fleurissent (souvent dirigées par des femmes) attestent des chiffres concernant la pratique sportive ou « urbaine » en France ou sur différents continents : les inégalités et les incivilités perdurent.

« Femme et cycliste : c’est la double peine »

Ce n’est pas seulement le fait que le Tour de France féminin ait disparu faute de sponsors, que le BMX demeure un apanage masculin et que sur les podiums, on ne voit généralement que des hommes.  C’est au quotidien que les femmes vivent ce que certains journaux ont récemment titré : « Femme et cycliste : c’est la double peine. ».

Le harcèlement de rue ne s'arrête pas aux transports en commun. Si la petite reine permet à la gent féminine de se sentir un peu plus en sécurité, à bicyclette aussi, elles subissent leur lot de phrases déplacées et regards insistants. Celles qui prennent leur deux-roues tous les jours pour se rendre au travail ou celles qui montent en selle pour des balades tranquilles le week-end ne sont jamais à l'abri d'une remarque ou autres incivilités.

 « Globalement, les femmes (...) ne bénéficient pas du même accès à la pratique du vélo que les hommes. On note cependant que les critères d'âge et de classes sociales chez les femmes jouent en faveur des plus jeunes et de celles appartenant aux classes moyennes et supérieures. », note le géographe Yves Raibaud, chargé de mission égalité au CNRS. 

Informer, accompagner, aménager


L’objectif de cette édition du Printemps de l’égalité est de rappeler que cette pratique qui semble aller de soi de nos jours est en fait un droit encore récent, acquis non sans difficultés et qu’il faut poursuivre sur la voie de l’égalité. Il s’agit d’informer les femmes et plus largement tous les publics pour favoriser un partage équitable de l’espace public. Des gammes de vêtements adaptés se développent pour concilier tenue féminine, aspect pratique et présentation au travail pour les femmes car toutes ne disposent pas de vestiaire ou du libre choix de leur tenue.

Apporter des conseils pratiques : c’est aussi un objectif de cette édition car les nouvelles cyclistes sont demandeuses d’accompagnement sur la sécurité, le code de la route et les aménagements, elles qui font souvent plus d’arrêts sur leurs trajets de « vélotaffeuse » et/ou de maman.

 

Rouler à vélo : Clamart en a fait une priorité qui se décline à travers des aménagements mais aussi de nombreux dispositifs.

Mixité et initiation dès le plus jeune âge à Clamart 

En septembre 2020, plus de 650 élèves de CP ont pu suivre une sensibilisation et initiation autour de la thématique « roule et glisse » proposée par le Service des Sports, en partenariat avec la 17e  circonscription de l’Éducation nationale. À compter du mois d’avril, les éducateurs sportifs municipaux proposeront un cycle sportif abordant le « Savoir rouler à vélo ».

En parallèle à ce dispositif éducatif et sportif, l’École Municipale des Sports et les centres de loisirs abordent également de façon adaptée la thématique des déplacements doux. Lors des stages sport vacances ou encore durant une période du Parcours éducatif sportif, la sensibilisation aux moyens de mobilité douce est proposée. Au programme, draisienne, tricycle ou encore vélo font la joie des jeunes enfants.

Aménagement de nouvelles pistes cyclables ou solutions matérielles


avec  un soutien financier, comme la location vélo proposées par la Région, en partenariat avec le Territoire

  • « Véligo » avec la Région Île-de-France : stations de location de vélo électrique
  • « Coup de pouce vélo » proposé par le Gouvernement prolongé jusqu’au 31 mars : achat vélo ou accessoires, réparation, remise en selle.

CIDFF 92 Sud de Clamart