Portrait

Francis Zégut, mémoire du rock

Quarante ans de carrière à la radio, consacrés à l’amour du rock et au plaisir de partager légendes et découvertes musicales avec les auditeurs.
Clamartois de longue date, Francis Zégut raconte son parcours sous le signe de la musique avec une passion intacte.

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La musique désenclave et tend la main, c’est un véritable passeport. "

Comment a commencé votre histoire avec le rock ?

C’est une histoire de vie et même une histoire d’amour ! Lorsque j’étais enfant, j’ai été placé quelques temps par la DDASS au fin fond de la campagne normande. J’étais étiqueté « parisien tête de chien » et la musique m’a permis de me constituer ma bulle. Quand j’ai grandi, j’ai continué à acheter des disques et je me suis promis de rendre à la musique tout ce qu’elle m’a apporté.

Quelle serait votre définition du rock ?

Le rock c’est la liberté créative des années 50, 60, 70 et un peu 80, la période où les émissions de radio et même de télévision proposaient d’écouter des choses différentes. Pour le rock comme pour le jazz, le classique ou autre, la musique jalonne notre vie d’une manière ou d’une autre. C’est pour moi un point de repère à chaque moment de la vie, un fournisseur d’émotions permanent. Permettez-moi de citer Nietzschequi a dit «La vie sans musique serait une erreur ».

Comment préparez-vous chaque soir la play-list à faire découvrir aux auditeurs de Pop Rock Station by Zégut* ?

Je commence toujours par bâtir la colonne vertébrale de ma programmation, souvent à partir de points de repères historiques marquants pour l’histoire du rock. Autour de cette éphéméride, je programme des morceaux bien connus autour desquels je raccroche des découvertes. Tout est dans l’art de l’enchaînement ! L’important est de respecter la cohérence des sonorités. C’est elle qui me permet de créer des petits mondes musicaux dans chaque partie de l’émission. Se laisser guider par les sonorités permet de réunir des musiques des années 60 à 2000 et donne lieu à de belles surprises.

Quel groupe vous a marqué récemment ?

Il y a quelques années j’ai découvert sur Internet le groupe Last Train, formé par une bande de copains de collège de Mulhouse. Scéniquement, ces petits jeunes sont extraordinaires. Ils m’ont fait le même effet que la première fois que j’ai vu AC/DC sur scène ! Ils sont habités et fusionnels, c’est fascinant de les voir jouer ensemble. Depuis leurs débuts, ils ont sorti deux albums, tournent en festivals et je les ai invités à donner un concert au grand studio de la radio. C’est assurément un groupe à suivre !

Quelle facette de votre métier préférez-vous ?

Constater chaque jour le lien que la musique crée entre les gens. Elle fait tomber les barrières et dresse des ponts entre des personnes de tous horizons grâce à l’émotion et en cela c’est un langage universel. La radio est un média formidable qui ouvre une petite fenêtre avec plein de monde derrière. Comme la lecture d’ailleurs, cette petite fenêtre laisse une grande part d’imagination et de liberté. Il y a un côté fantasmagorique à faire passer des mots, des phrases et des sourires à travers la musique.

*Du lundi au jeudi 22h-minuit sur RTL2