Pas de chute sans gravité

Du 20 septembre au 22 novembre 2015, le centre d'art Albert Chanot expose les recherches de Julien Nedelec, sculptures, éditions ou pièces à emporter auxquelles s’ajoutent des ensembles défiant les lois de la gravité spécifiquement pensés pour Clamart.

/// Exposition du dimanche 20 septembre au dimanche 22 Novembre 2015

« Pas de chute sans gravité » - Référence aux recherches de Newton ou Einstein, ce titre d’exposition, absurde syllogisme, pourrait-il être extrait d’une revue Dada ou Fluxus? Ou bien serait-ce là l’annonce d’un nouveau système créatif que l’artiste affectionne ?

Loin de cela, cet habile bien qu’évident mot d’esprit permet à Julien Nédélec de rassembler en une assertion les références et méthodes qui fondent sa démarche artistique. 

L’assertion nous indique tout d’abord le goût de l’artiste pour les recherches scientifiques, l’étude des systèmes ou des suites mathématiques, qui lui soufflent des protocoles de création inédits. Ces domaines d’études s’étendent sans complexes, à la « bricologie » ou à l’observation des ovnis.

Par ailleurs, nous sommes en présence d’une morale qui reflète l’expérience. Ferait-elle référence à quelques essais malheureux à l’atelier à tenter de vaincre cette gravité? Quoiqu’en laissent penser ses œuvres, dont les finitions parfaitement élaborées peuvent faire rougir un objet usiné, Julien Nédélec est un artiste de l’atelier et du fait main. L’atelier s’affirme dès lors comme le cœur de toute nouvelle recherche menant à l’œuvre, en tant que lieu du non-fini, de l’échec, ou des doutes. 

C’est finalement en maître du brainstorming que Julien Nédélec démontre ici, une fois de plus, son art de la formule. Si chaque titre donné à ses projets ou tout énoncé apparaissant dans ses œuvres peut évoquer le calembour, il apporte toujours une dimension supplémentaire à la lecture des œuvres.  Agissant dès l’origine de l’œuvre, la pirouette langagière autorise de subtils déplacements d’un médium à l’autre. C’est par exemple le cas de la pièce « Je ne suis plus poli », qui incarne parfaitement le transfert du langage à la sculpture et vice versa : un miroir effectivement dépoli fait apparaitre ce texte et reflète le spectateur qui lui, à n’en pas douter, reste poli.

Un titre comme une promesse -  l’exposition « Pas de chute sans gravité », prolonge les recherches personnelles de Julien Nedelec et rassemble ses sculptures, éditions ou pièces à emporter auxquelles s’ajoutent de nouveaux ensembles spécifiquement pensés pour Clamart qui défient les lois de la gravité. 

Page publiée le 4 Juin 2015 - Mise à jour le 14 Juin 2017