Eblouissement

Du samedi 17 septembre au dimanche 20 novembre, le CACC rassemble des artistes de toutes générations proposant d’éprouver les figures de l’éblouissement qu’il soit éclairé, sensoriel ou vertigineux, par le biais de gestes discrets, de pièces lumineuses.

Choc visuel, trouble vertigineux ou encore émerveillement, au sens propre comme figuré, l’éblouissement investit différentes figures et allégories, qui toujours donnent à envisager l’inouï, l’imperceptible ou l’irrationnel. Autant de limites et de  vacillements qu’explorent les formes artistiques. 
 
Le philosophe Georges Didi-Huberman propose une expérience de l'éblouissement de l'ordre du divin dans l'ouvrage "L'homme qui marchait dans la couleur", 2001, et établit un parallèle entre la dramaturgie des édifices religieux et les « temples » lumineux que crée le plasticien de la lumière James Turrell. Comment incarner « l'Absent » et donner matière à l'invisible? L'auteur dévoile ainsi la précise mise en œuvre des volumes, de leurs limites et des directions données aux rayons du soleil dans les édifices religieux. Toutes ces combinaisons permettent à la lumière d’inonder le lieu et de  l'habiter avec matière et puissance, et constituent également la grammaire des environnements lumineux et infinis que créé l'artiste.
Restant dans une approche sacrée de l'éblouissement, l'artiste et critique d'art irlandais Brian O'Doherty au milieu des années 1970, relie la galerie d'exposition à l'église. La rigueur des lois qui président à l'édification des espaces d'expositions participe en effet à une sacralisation du lieu et des œuvres : isolation du contexte, neutralité de l’espace, fenêtres obstruées, lumière zénithale, autant de mécanismes mettant en abyme une possibilité « d'éternité de l'exposition ».

Loin de correspondre aux canons du white cube, le Centre d’Art Contemporain Chanot souhaite à son tour explorer cette insaisissable idée d'éblouissement. L'exposition rassemble des artistes de toutes générations proposant d'éprouver les figures de l’éblouissement qu’il soit éclairé, sensoriel ou vertigineux, par des de gestes discrets, des pièces lumineuses. Des couchers de soleil aux environnements saisissants le visiteur est convié à un voyage au pays des sensations, d'un absolu illimité.

Artistes : Dominique Blais, Nathalie Brevet_Hughes Rochette, Jean-Baptiste Caron, Véronique Joumard, Ivan Navarro, Nøne Futbol Club

Les rendez-vous


Samedi 17 septembre de 17h à 20h – Vernissage
autour d’un cocktail partagé
Entrée libre

Jeudi 22 septembre à 17h30 - Le Rendez-vous des correspondants
Un rendez-vous d’information est organisé à chaque début d’exposition, destiné aux enseignants, responsables de groupes, directeurs de centres d’accueil ou de foyers d’hébergement qui souhaitent développer un projet avec le centre d’art

Samedi 1er octobre à 16 h - Visite commentée de l’exposition

Samedi 15 octobre à 18h - « Courser le soleil »
Conférence-performance par Guillaume Aubry
Architecte et artiste, Guillaume Aubry poursuit depuis plusieurs une réflexion théorique et plastique autour de la question du paysage en rapport à la figure du spectateur et du tourisme comme potentielle pratique artistique prenant notamment la forme d'un blog internet caspardavidsomething.tumblr.com qui compile des photographies évoquant l'œuvre picturale du peintre romantique allemand Caspar David Friedrich.
Parallèlement, il mène une recherche approfondie sur les couchers de soleil en explorant ses occurrences dans la création contemporaine. Comment et pourquoi le coucher de soleil est-il à ce point devenu un "cliché" ?

A la suite d'une présentation ludique et transversale de son corpus de travail sous la forme d'une projection d'images extraites de la création plastique contemporaine, du cinéma ou de l'histoire de l'art, l'artiste invitera le public à participer collectivement à l'enregistrement du son du coucher de soleil, prévu ce jour-là à 19 heures précises.

Page publiée le 3 Mars 2016 - Mise à jour le 14 Juin 2017