Histoire

Les premiers actes mentionnant "Claumar" datent de la fin du VIIe siècle.

Il y a bien longtemps…

Les premiers groupes de population s’installent à Clamart dès la Préhistoire, comme l’indique la découverte, dans le bois, d’armes, d’outils en pierre polie et d’un monument mégalithique, « le menhir de Clamart », appelé aussi « Pierre aux Moines » ou « Pierre de Chalais ».

De « Claumar » à Clamard ou Clamart

Fin du VIIe siècle

Un acte mentionne pour la première fois l’existence de Clamart sous le nom de « Claumar » ou « Clanmar ».

XIe siècle

Les premiers documents officiels attestent de la présence d’habitants sur le lieu-dit « Clamart ». Les manants constituent alors le noyau de la population. Les habitations se regroupent autour de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul. Le bourg est divisé en quatre seigneuries (les fiefs Chef-de-Ville, de Clamart, de l’Hôtel-Dieu et Saint-Martin) qui forment des unités juridiques distinctes.
Les premiers actes évoquant Clamart sont contenus dans les archives du prieuré bénédictin de Saint-Martin-des-Champs. Ce monastère dépendant de l’abbaye de Cluny possédait d’imposants biens dans la région parisienne et notamment à Clamart, entre 1079 et 1096.

Grandes armes de la ville de Clamart

blasonclamartBlason - D’azur au chevron d’or accompagné de trois roses d’argent, deux en chef, une en pointe.
Ornements extérieurs - L’écu timbré de la couronne murale à trois tours crénelées d’or, maçonnée et couverte de sable, est soutenu par un cep de vigne à deux sarments d’or, fruités chacun de trois grappes d’or.
Symbolique de la composition - Le blason représente les armes de Jean de Livres, seigneur de Clamart au XVe siècle. La couronne murale est le symbole que portaient les déesses grecques tutélaires des cités, repris par les villes depuis l’Empire. Le cep de vigne illustre l’ancienne prospérité de la commune.

XIV et XVe siècle

Un parchemin du 23 avril 1476 relate que l'église, communiquant avec la ferme de Saint-Martin, a servi de refuge aux habitants pendant la guerre de Cent Ans. Ses portes et fenêtres étaient murées pour leur permettre de se retrancher avec leurs biens pendant les attaques anglaises. En 1418, le four banal proche de l'église a été incendié. A l'époque, il n'y avait pas de recensement, ni de registres de baptêmes. Il est donc impossible d'évaluer les pertes de la ville. Pour prévenir des ravages de la peste, une maladrerie a été bâtie au XIIIe siècle dans la forêt de Meudon. Cependant, d'après d'anciens documents, elle n'aurait jamais servi et il semblerait que la ville ait été épargnée par l'épidémie. 

De la Fronde aux villégiatures royales

XVIe siècle

Le village est pris dans la tourmente des batailles. Les guerres de Religion entre protestants et catholiques dévastent maisons et cultures.

1648-1652

Clamart est saccagée par les révoltes de la Fronde. Quelques années plus tard, Abel Servien, baron de Meudon et surintendant des finances de Louis XIV, réunit les fiefs de Saint-Martin-des-Champs, de l’Hôtel-Dieu et de Clamart au domaine de Meudon. Devenu le seigneur de Clamart, Servien entoure ses possessions d’un mur encore visible aujourd’hui près de la cité Boigues (rue de l'Est) et fait construire en 1659 le moulin à vent des Rochers. Les Clamartois perdent alors les terrains communaux dont ils tiraient des ressources. Le hameau devient un lieu de villégiature pour les Parisiens. À la mort du baron, Louvois, ministre de Louis XIV, achète le domaine de Meudon. Il achève d’entourer le parc et construit les portes de Fleury, de Clamart, de Châtillon, de Trivaux, aujourd’hui disparues.

1695

Louis XIV, séduit par la magnificence du domaine de Meudon, rachète la propriété pour son fils le Grand Dauphin. Louis XV puis Louis XVI viennent y chasser régulièrement. Près de la porte de Trivaux, Louis XVI fait construire par Gabriel un pavillon de chasse. Mme Chastelain, propriétaire au XVIIe siècle d'une grande partie du futur parc Boigues, reçoit en 1663 Jean de la Fontaine qui laissa une description enthousiaste de ce coin de forêt. La première école pour enfants pauvres a été financée par un don de la propriétaire au curé.

XVIIIe siècle

En 1744, l'abbé Tesnières lègue une partie de ses biens pour l'entretien d'une école, ouverte au moins quatre heures par jour. C'est à cette époque que de nombreux fonctionnaires royaux s'installent à Clamart. Ils y entretiennent de belles demeures comme la Maison Blanche, la Grande Maison du 9 rue Chef de Ville, le 18 rue Taboise, le clos dit "Gathelot", le pavillon "Delisle" et le château Barral dans lequel on installera la mairie que nous connaissons.

Clamart dans la tempête révolutionnaire

1787

Un édit provoque une réorganisation administrative. Clamart dispose d’une assemblée municipale comprenant le seigneur, le curé, le syndic chargé de l’exécution des décisions prises et de membres élus par la communauté.

1789

Des Clamartois se réunissent et rédigent par la plume de Jacques Joseph Fillassier leur cahier de doléances pour les Etats généraux. Pendant la Révolution, la municipalité accueille avec enthousiasme les décisions et réformes du gouvernement de Paris.

1790

Les chefs de famille réunis dans l'église élisent en janvier 1790 François Desprez, fermier du roi, premier maire de Clamart. Le 1er avril, s'ouvre le premier registre de Délibérations municipales. On installe la Mairie en face de l'église mais le lieu devient vite trop exigu.

1794

La Terreur gagne Clamart. Le Girondin, Condorcet, fuyant Paris, arrive à pieds dans le centre du village et entre dans le premier cabaret qu'il trouve ouvert. Le Procès-Verbal de son arrestation précise, sans ambiguïté, que c'est dans le cabaret du citoyen Louis Crespinet, correspondant à l'actuel 7 rue Chef de Ville, qu'il est arrêté, jouant de malchance car la porte suivante - celle du 9 - correspondant à la seconde Mairie et à la salle du Corps de Garde. Les noms de rues changent et pendant quelques mois Clamart s'appelle Clamart-Le Vignoble. Les Maires ne restent pas longtemps en place. La chute de Robespierre entraîne un retour au calme et l'église est rendue au culte.

1831

L'élection du Maire Denis Gogue (1831-1854) apportera la première étape de la modernisation de Clamart. 

Du village à la ville

C’est l’époque des grands changements.

1840

Ouverture de la ligne de chemin de fer Paris-Versailles, reliant Clamart à Paris.

Gare de Clamart - Arrivée d'un trainImage Archives municipales

1842

Mairie s’installe dans ses bâtiments actuels. La rue Chef de Ville et la rue du Trosy constituent le centre du village. Clamart s’urbanise et se modernise. On trace la rue de Paris (le haut de l’actuelle avenue Jean Jaurès) et l’avenue Paul Vaillant-Couturier. Des habitations sortent de terre des deux côtés du nouveau chemin. Couvrir les maisons de chaume est désormais interdit. On réalise un plan d’alignement des rues.

Place de la Mairie avant 1920Place de la Mairie avant 1920Image Archives municipales

 

1865

La commune reçoit le télégraphe.

1867

La ville est alimentée en eau de la Seine. On installe l’éclairage au gaz.

1868

Le ruisseau de Clamart est transformé en égout, les chemins vicinaux en chemins carrossables pour les besoins de l’exploitation des champs et des carrières.

1869

Un terrain est acquis sur le plateau pour établir un nouveau cimetière et une bibliothèque municipale est créée. Clamart accueille de nombreux ouvriers travaillant dans les carrières de pierre et de plâtre.
Les Parisiens sont de plus en plus nombreux à s’installer à Clamart, qui passe de 1 220 habitants, en 1831, à 1 760 habitants, en 1851.

1870

La France de Napoléon III est en guerre contre la Confédération allemande. Du 17 au 19 septembre, Bavarois et Prussiens prennent envahissent le plateau de Châtillon, puis envahissent le centre et le bois de Clamart.
Les troupes allemandes s’emparent du village et du bois de Clamart. Tous les  Clamartois abandonnent leurs maisons.

Pendant la guerre civile de 1871

La ville est dévastée par les canons des forts d’Issy et de Vanves et par ceux du plateau de Châtillon. Après cette période de troubles, Clamart se couvre de nouvelles constructions et devient un lieu de villégiature attirant la générosité d’habitants de passage. Ainsi, sont fondés l’hospice Ferrari et la crèche Sainte-Émilie.

En 1901, Clamart compte 7200 habitants. L'école Jules Ferry accueillent ses premiers écoliers en 1907. Le quartier du Jardin Parisien se construit à partir de cette même année.

Dans les années 1920, de nombreux émigrés, notamment des rescapés du génocide arménien, s'installent à Clamart en développant l'industrie du tricot. Aujourd'hui encore, la ville compte quelques entreprises - souvent familiales - de "tricoteurs".

Clamart pendant la guerre de 1939-1945

La déclaration de guerre du 1er septembre 1939 provoque l'exode de nombreux Clamartois. Le Conseil Municipal est suspendu par le décret du 5 octobre 1939 et remplacé par une délégation spéciale. Celle-ci crée un Comité central d'entraide et de solidarité. Dès le 14 juin 1940, l'armée allemande occupe le Petit Clamart et l'hôpital Percy. Plusieurs bombes anglaises touchent les quartiers proches de l'aérodrome de Villacoublay. 

Percy - Porche d'entréeLe porche d'entréeImage Archives municipales

Le 19 août 1944, les mouvements de résistants se soulèvent à Paris. Les Clamartois suivent. Mais les Allemands encore présents au Petit Clamart répriment l’insurrection. Un monument érigé devant le groupe scolaire du Soleil Levant (Jardin  Parisien) perpétue le souvenir du massacre.

cpa-liberation-01-1200cLibération de Clamart


Le soir du 24 août, les blindés français font leur apparition au Petit Clamart et libèrent la ville. Le lendemain, une délégation des mouvements de la Résistance demande au Maire de se retirer.

Une assemblée locale provisoire composée des membres survivants du conseil de 1939 et de ceux du comité local de résistance tient sa première séance le 29 août. Le monument aux morts de l’ancien cimetière honore 200 soldats disparus, 1 020 Clamartois furent emprisonnés.

De 1945 à nos jours

Au lendemain de la guerre

Clamart se reconstruit. L’office public d’habitations à loyer modéré (OPHLM) est créé le 25 août 1949. Les premiers logements de la Plaine sont livrés en 1953 et régulièrement jusqu’en 1964. Sur le Bas Clamart sont créés le dispensaire municipal et le stade Hunebelle, du nom du maire de Clamart (1856 à 1900) qui détient le record de longévité à cette fonction.

Des années 1960 aux années 1980

Le 1er juin 1961, Clamart vit un événement dramatique. Le quartier situé près d’Issy-les-Moulineaux, construit en partie sur d’anciens puits et galeries de carrières, s’effondre par endroits. Plusieurs maisons sont englouties et le bilan est de 21 morts.

Le 22 août 1962, la France entière entend parler de Clamart : le général de Gaulle échappe à un attentat. À l’issue d’un conseil des ministres, la DS du Président de la République traverse la ville pour rejoindre l’aérodrome de Villacoublay. Le cortège essuie deux fusillades au niveau du carrefour de Petit Clamart (rue du Pavé Blanc et avenue du Général de Gaulle). Malgré les 150 impacts de balles relevés, personne n’est blessé. Les auteurs sont arrêtés quelques jours plus tard.

Entre 1960 et 1980, la ville se dote de nouveaux équipements : la cité La Garenne Trivaux, le groupe scolaire du Petit Clamart (1964), le gymnase et l’annexe de la mairie à la cité de la Plaine (1964-1966), l’annexe de la bibliothèque au Pavé Blanc (1970), la bibliothèque La Garenne et la piscine municipale (1972), le conservatoire de musique et de danse, etc.

En 1976, le centre culturel Jean Arp ouvre ses portes. Entièrement rénové en 2006, le théâtre s’étoffe d’une nouvelle salle de cinéma, inaugurée par l’actrice Jeanne Moreau et qui porte son nom.

Le 24 février 1982, le premier bébé-éprouvette français, Amandine, voit le jour à l’hôpital Antoine Béclère, grâce à l’équipe du professeur René Frydman.

A partir des années 2000

La ville compte deux nouvelles maisons de quartier, au Petit Clamart (2005) et au Jardin Parisien, la médiathèque La Buanderie-Anne Capezzuoli (2006) située dans l’ancienne blanchisserie de l’hospice Ferrari, entièrement réhabilitée, et la médiathèque François Mitterrand, située sur le Haut Clamart. Auxquelles s’ajoutent la salle des fêtes municipale, place Jules Hunebelle (2007), le gymnase Hunebelle et la salle de gymnastique Emilie Le Pennec.

Le 11 novembre 2004, le décès du dirigeant palestinien Yasser Arafat à l’hôpital d’instruction des armées Percy place Clamart sous les projecteurs du monde entier.

Depuis janvier 2005, Clamart fait partie, avec les villes de Bagneux, Malakoff et Fontenay-aux-Roses, de la Communauté d’agglomération Sud de Seine. Aujourd’hui, la commune compte 52 238 habitants et près de 300 associations.

Clamart et le cinéma

Forte de quelques sites attirants, la ville a été le cadre de tournages de films comme Le Placard de Francis Veber au stade Hunebelle ; Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet au parc et collège Maison Blanche ; Contre-enquête (titre original : Lettre d’un tueur), réalisé par Franck Mancuso avec Jean Dujardin dans le Bois de Clamart et près de l’étang de la Garenne. Ou plus récemment, Le Petit Nicolas en 2008, Fonzy en 2013 avec José Garcia, ou encore les série La Smala et Braquo.

Page publiée le 23 Octobre 2012 - Mise à jour le 4 Octobre 2018